ACCUEIL

 

Petites et Grandes histoires

 

 

Le meurtre d'Alleyrat

Rénovation de l'église de Gorsses

 

Fondation d'un établissent
des Sœurs de la Croix

Macabre trouvaille dans le bois de Chavagnat

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                              Le meurtre d'Alleyrat

                                                                        Affaire Labas

   Avec l'aimable autorisation de  Jean-Marie Chevrier

             Tiré de son livre

            "Les grandes affaires criminelles de la Creuse" 

                                                                  Cours d’assises de la Creuse 23-25 juillet 1843

 

L’audience de cette affaire fut tenue  les 23.24, 25 juillet 1843 à la cour d’assise de la Creuse. Riche en détails dramatiques, fertile en rebondissements, elle passionna l’intérêt public.

Elle eu lieu en deux temps. En effet, les premiers débats, quatre ans plus tôt, avec la condamnation de la femme Labas, comme complice de son mari, à dix années  de réclusion.

Mais l’affaire se présente aujourd’hui avec un caractère tout nouveau, car c’est le meurtrier lui-même qui est appelé, après s’être soustrait jusqu’à ce jour, par la fuite à l’action de la justice. Il doit maintenant répondre de son crime.

La famille de la victime, c'est-à-dire la veuve de M. Alleyrat, ainsi que son jeune fils, s’est porté partie civile.

Les curieux sont en nombre, l’enceinte de la cour d’assise est remplie d’une foule turbulente. On étudie les visages des prévenus, on se pousse du coude, on pronostique un verdict. On prend même des paris. Si bien qu’à plusieurs reprises le président menace de faire évacuer la salle.

Enfin le silence se rétablit et le jury est formé.   

Le greffier donne lecture de l’acte d’accusation où sont consignés les faits suivants.

 

La Femme Labas, née Marie Fauriaux, était d’une grande beauté.

Beauté qui lui avait valu dans le pays le surnom gracieux, poétiques et même insolite de : Miette Fine de Fernoël.

Sur la fin d’une jeunesse déréglée, elle épousa Jean Labas, mais avant son mariage, elle avait entretenu des relations coupables avec M. Alleyrat qui était un officier en retraite. Cependant après qu’elle eut convolé avec Labas, leurs relations cessèrent.

Marie et son époux à la suite de difficultés financières qu’il serait vain de relater ici, avait conçu le projet d’exploiter à leur profit cette conduite passée et scandaleuse en arrachant à M. Alleyrat par la surprise ou par la violence, des billets ou des obligations.

Marie était bien placée pour savoir que l’homme avait du bien.  À cet effet elle avait plusieurs fois donné rendez-vous à son ancien amant dans des lieux écartés où le mari attendait armé d’un fusil, le moment d’accomplir l’extorsion qu’ils avaient projetée.

Mais Alleyrat se méfiait, il évitait prudemment tous les guet-apens qui lui étaient tendus et tout leurs complots avaient échoué.

Jusqu’au 27 mai 1839. Il y avait foire à Crocq ce jour là. Alleyrat s’y était rendu. C’était l’occasion d’une agréable sortie et pour rompre son quotidien, il alla dîner à l’auberge Scarciron. La table en était réputée et Alleyrat aimait faite bonne chère.

Toute la journée Marie Fauriaux avait suivi sa trace. Il l’avait remarquée tandis qu’il déambulait devants les étals des marchands forains, qu’il se glissait le long des alignements de bêtes exposées à la vente. Il faut dire qu’il n’allait pas vite avec sa jambe de bois parce qu’il avait laissé la vraie à la bataille de Montereau où Napoléon avait délogé les autrichiens, le 18 février 1814.

Alleyrat prenait donc quelque repos devant une bouteille de bon vin à l’auberge. Le temps était clément. De sa chaise il apercevait la silhouette de Marie qui était assise sur un banc de la place publique où elle lui faisait face. Elle était encore bien séduisante.

Dans sa robe claire, sous les frondaisons des grands arbres et il ne pouvait s’empêcher quelques souvenirs de revenir à sa mémoire. Vite il les chassa. Il n’était pas homme à s’attendrir sur le passé. Il ne se préoccupa donc plus de sa présence et se garda bien de lui adresser la parole.

Vers les quatre heures et demie, il se disposa à parti. Il attendit quelque temps un de ses voisins avec lequel il était convenu de faire route en société. Mais ne le voyant pas venir il partit seul.

 

À peine avait-il quitté Crocq qu’au bas d’une côte à l’embranchement d’une route Marie Fauriaux lui barra le passage en lui disant qu’elle avait à lui parler.

« Eh bien dépêche-toi lui répondit Alleyrat, je suis pressé. »

Elle lui proposa d’aller l’attendre à l’orée du bois de Mas qui était tout près. Il accepta le rendez-vous. Arrivé au lieu convenu il descendit de son cheval ce qui n’était pas très aisé avec sa jambe raide. Il attacha la bête à un arbre et entra dans le bois où Marie vint le rejoindre cinq minutes après.

Aussitôt la conversation engagée, Labas surgit armé d’un fusil et s`écria

« Ah je vous trouve avec ma femme. Signez moi des effets, donnez moi de l’argent ou je vous tue »

Et joignant le geste à la menace il mit Alleyrat en joue. On n`effraie pas si facilement un vieux soldat.

« Non répondit celui ci, je ne te dois rien. C’est ta femme qui m’a arrêté pour me parler, je ne suis pas dupe, vous êtes des misérables. Vous  vous êtes entendus pour m’assassiner. »

Tout en parlant comme s’il ne voulait pas les voir, il prit son cheval par la bride et se disposa à monter dessus. Labas l’en empêchait son fusil braqué sur lui. Il lui poussait le canon dans les côtes et répétait avec colère :

«  Signez…..Signez ou vous êtes mort ! »

Dans cette position extrême Alleyrat aurait ou se sauver en signant n’importe quel document sans valeur, car ni Labas ni sa femme ne savaient lire, mais il répugnait à un courageux officier, au mutilé de Montereau, de céder à la peur et aux injonctions furieuses d’un misérable.

Au lieu de reculer, il poussa de l’avant malgré son pilon qui s’enfonçait dans les feuilles mortes du sous bois. Il avançait arguant qu’il avait fait sans frémir la campagne de France et que ce n’était pas un Labas qui le ferait reculer. Il n’avait ni sabre ni épée mais de sa canne il écartait le fusil braqué sur lui et de l’autre main il piquait Labas dans la poitrine en le traitant de misérable.

Pendant cette affreuse lutte, son ancienne maitresse voletait autours d’eux criait et s’interposait en le suppliant de céder à Labas.

«  faites Monsieur, faites ce qu’il vous demande. »

Ils avaient ainsi gagné le milieu du bois. Labas sentant qu’il perdait du terrain lâchât la détente de son fusil. Mais le coup ne parti pas, ce que voyant Alleyrat repris l’offensive avec encore plus de vigueur. Il était d’une incroyable agilité avec sa jambe de bois. Il lui fallait sortir de la foret s’il voulait espérer un secours. Toujours Labas reculait.  Ils parcoururent ainsi l’espace de quatre cents mètres.

 Comme ils débouchaient dans un communal, Labas comprit que sa proie allait lui échapper et alors qu’Alleyrat se retournait pour lui faire face après qu’ils se furent espacés, il lâcha un second coup de fusil qui cette fois atteignit mortellement Alleyrat. Il tomba en criant «  Au secours …à l’assassin ! »

Déjà le sang lui venait aux lèvres. À l’instant même le mari et la femme disparurent dans le bois laissant sans secours le malheureux qui venait d’être si lâchement immolé à leur cupidité

L’homme était solide. Il mit quinze jours à mourir. Il faut dire qu’un long temps s’était écoulé avant qu’on ne le découvrit dans le fossé au bord de la route où il s’était trainé. C’est le cheval qui broutant aux cotés du blessé, indiqua sa présence.

La justice se mit aussitôt à la poursuite ses époux Labas. La femme seule fut saisie, l’homme avait eu le temps de fuir en abandonnant lâchement sa complice à la vindicte.

Depuis 4 ans elle expiait dans une maison de réclusion les désordres criminels de toute sa vie. Labas avait disparu. Il avait d’abord franchi la frontière pour se rendre en Suisse, mais touché par le mal du pays il était rentré en France cette année là. Il avait trouvé du travail et fut arrêté à Montrouge où il surveillait des travaux de fortification sous le nom de Souchard.

Il avait comparut sous l’accusation d’avoir fait à Alleyrat des blessures qui avaient occasionné la mort sans intention de la donner, ce qui peut sembler curieux puisqu’en même temps on ajoutait les circonstances aggravantes de préméditation et de guet-apens. Après de longs et brillants débats où défense et accusation rivalisèrent de talents. Labas déclaré coupable sur toutes les questions, fut condamné aux travaux forcés à perpétuité.

Quand à Marie, elle rejoignit la cellule où elle était enfermée depuis quatre ans.

Si de toute chose il convient de ne conserver que le souvenir le plus délicat, oublions un instant tout ce sang, la soif d’argent, les pièges, les séductions diaboliques, pour ne se rappeler que le visage de Miette Fine de Fernoël.

 Elle  était si jolie.

 

retour haut de page

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rénovation de l'église de Gorsses

26 may 1673

Laurans Romanet maitre masson habitant du lieu de
Pompignac  paroisse de Basville, de gré et à promis  à
Vénérable personne monseigneur Gilbert Maignol prestre et curé
de Fernoël cy prêt de remettre le pignon et un petit
clocher au dessus à mettre une cloche avec une
petite croix de pierre audessus du clocher
de lesglize de Gorsses, rafraichir les murailhes de
mortier et pierre ou il en manquera, remettre
le pignon de lesglize de Fernoël qui menace ruine
audeffus du maistre autel et reprendre led
pignon à lendroit qui aesté marqué affin que
lafiheaon delad réparation soir sure et stable
et le tout rendre fait et parfait et en bon estat
dans la fin du mois d’aout prochain et pour
c’est effet luy sera fourny et mies en place tous
les materiaux neceffaires auxd. Réparations et
luy sera payé par led. Curé faizant et prenant
en main pour toute la commune de lad. Paroisse
de Fernoël  la somme de cinquante livres et

Cinq fes ….bled seigle mesure d’hermant
payable a mesure ……à ce faire lesdit.
parties ont obligé cahfun en droit ……
et……..leurs biens et affin que les
brefetes qui sont aux eglizes ne cauzera
la ruine entiere ou une plus considérable
que celle qui y est presentement, sera obligé
led. Roumanet de commancer d’y travalher
dans quinze jours prochains par …
……………….de la juridiction de Mr
le baly dud.  Fernoel ou lesdit. eglizes  font fitues
et pour recevoir toutes….ont fait
offices de domicilles en la maizon et domiffile
de Michel Anthony fait aud. Lieu de fernoel
estude du no.re royal apres midy en presence de
Marien  Gaudet et dud. Anthony qui ont signe
ainsi led. Sieur curé et de Gilbert Martin hoste
du mesme lieu et Jean Corty demeurant au service
dud. Romanet qui et led. Romanet ont declare
ne savoir signer en quis le unzieme May
mil six cent soixante treze.

Bail de prix fait

 

retour haut de page

 

 

 

 

 

 

Décret impérial qui autorise la fondation à Fernoël (Puy-de-Dôme)
d'un établissement de Soeurs de la Croix

 

Du 25 février 1860

NAPOLÉON, par la grace de Dieu et la volonté nationale, Empereur
des Français, à tous présents et à venir Salut.

Sur le rapport de notre ministre secrétaire d'état au département
de l'instruction publique et des cultes de notre Conseil d'État entendue,

Avons décrété ce qui suit :

Art.1er La congrégation des sœurs de la Croix, existant à Limoges
( Haute-Vienne ) en vertu d'une ordonnance royale du 7 juin 1826
est autorisée à fonder dans la commune de Fernoël ( Puy-de-Dôme ),
un établissement se sœurs de son ordre, à la charge, par les membres
de cet établissement, de se conformer exactement aux statuts approuvés
pour la maison mère par ordonnance royale du 14 mai 1826.

Art. 2 La supérieure générale de la congrégation des sœurs de la Croix
à Limoges ( Haute-Vienne ), au nom de cette congrégation,

et le maire de la commune de Fernoël ( Puy-de-Dôme ), au nom de cette commune
sont autorisés à accepter, chacun en ce qui le concerne, et aux charges,
clauses et conditions imposées, la donation faite à ladite congrégation
par le sieur Annet Roumy, suivant acte notarié du 1er septembre 1856,
et consistant en un bâtiment avec cour situé à Fernoël et estimé quinze cents francs,
et en divers meubles d'une valeur estimative de cinq cents francs,
à la charge, notamment d'entretenir à perpétuité à Fernoël,
deux sœurs de son ordre pour instruire les enfants
et visiter les malades de cette commune.

Art. 3 Notre ministre secrétaire d'État au département
de l'instruction publique et des cultes est chargé de l'exécution
du présent décret qui sera inséré au bulletin des lois.

Fait au palais des Tuileries, le 25 février 1860

signé NAPOLÉON
par l'Empereur

Le Ministre secrétaire d'État au département
de l'instruction publique et des cultes

Signé Rouland

 

retour haut de page

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Macabre trouvaille dans le bois de Chavagnat.

15 septembre 1944
Rapport rédigé par Mr. Charles Rouchon
secrétaire de Mairie de Fernoël

 

Dans la matinée du quinze septembre mil neuf cent quarante quatre, Mr Barthélémy Mounaud, de Jeandaleix,
a trouvé dans le bois de Chavagnat, futaie feuillue appartenant à Mr Sauvat Pierre ( époux Alleyrat, cordonnier à Giat )
le corps en pleine décomposition d'un individu paraissant âgé de trente à trente cinq ans.

Mr Mounaud susnommé a prévenu la brigade de Gendarmerie de Giat et la Mairie de Fernoël.

Au début de l'après-midi du dit quinze septembre, les gendarmes Crouzier et Rouhet, le docteur Guin, de Giat
mandé par la Mairie de Fernoël, Mr Taillandier Jean-Baptiste représentant le Maire de Fernoël
et nous même Rouchon Charles, secrétaire de Mairie, conduits par Mr Barthélémy Mounaud et par son fils Jean,
nous sommes rendus à l'endroit où le corps venait d'être découvert.

L'individu était étendu à terre, sur le dos, mais le buste incliné à droite découvrait le côté gauche.
L'individu était blond, sans barbe ni moustache, mais ses cheveux très longs étaient rejeté en arrière.
De grosses lunettes à écailles que nous avons recueillies et déposées à la Mairie de Fernoël,
ont été trouvées près de sa chevelure.

L'individu était de taille à peine supérieure à la moyenne, 1m 68 environ; il était plutôt mince
et portait encore ( du moins à la mâchoire supérieure ) toutes ses dents.
Nous avons trouvé sur lui un béret basque de marque Skerra.

Il portait une gabardine bleu foncé "marque supérieure Conchon Quinette ";
sous la gabardine il portait un tricot en laine, un pull-over blanc avec bordure verte,
et un tricot de peau blanc avec rayures transversales bleues.
Autours du cou, un gros cache nez en laine à rayures chiné (blanc, rouge, gris)

Il portait un pantalon long, beige clair; des souliers bas, assez fins, pointure 40 au plus
et des chaussettes marron clair.

A sa droite nous avons trouvé une petite boite jaune, amis vide de pastilles de Gonacrine.

Il ne portait sur lui ni objets, ni papiers. La tête et les mains étaient en état de décomposition
très avancée. Les os des doigts étaient ramollis mais ils semblaient ne porter ni bague, ni alliance.

LE médecin à estimé que le décès pouvait remonter à quatre ou cinq mois.
La mort a été provoquée par deux rafales de balles de mitraillette; quatre balles avaient
percé les vêtements sur le flanc gauche à la hauteur de la nuque et la tempe gauche et
traversé le crâne de part en part.

Tout porte à croire que cet individu a été abattu par le "maquis" car à l'époque où le médecin place
cette mort, il n'y avait pas d'Allemands dans la région. Comme ses lunettes et son béret n'était pas en place
on peut supposer qu'il à été tué sur place et qu'il est tombé à la renverse. Pourtant, ses pieds étaient croisés.

Le corps a été mis en bière et inhumé à l'endroit où il avait été trouvé.

 

État civil de la commune de Fernoël, acte numéro 5 du 2 juillet 1945

 

Aujourd'hui, deux juillet mil neuf cent quarante cinq, à treize heures,
Nous Jean Baptiste Taillandier, Maire de Fernoël, avons reçu un jugement dont nous extrayons ce qui suit:

Attendu que le quinze septembre mil neuf cent quarante quatre, il a été trouvé dans le bois de Chavagnol
sur le territoire de la commune de Fernoël, le corps en pleine décomposition d'un individu inconnu
dont la mort avait été provoquée par des rafales de mitraillettes.

Attendu qu'un information ouverte contre X du chef de meurtre volontaire a permis d'identifier la victime
comme étant Sylvio Mosseri, né le neuf avril mil neuf cent dix huit au Caire ( Egypte ),
de nationalité italienne, lequel aurait été arrêté à Auzences et exécuté le trente août mil neuf cent quarante quatre
par les forces de la Résistance.

Attendu qu'il échait dès lors de déclarer constant le décès du dit sieur Mosseri. Par ces motifs;
le tribunal dit et juge que Sylvio Mosseri, né au Caire ( Egypte ) le neuf avril mil neuf cent dix huit,
de nationalité Italienne, est décédé sur le  territoire de la commune de Fernoël,
le trente août mil neuf cent quarante quatre, ordonne la transcription sur les registres de l'Etat-Civil
de la commune de Fernoël pour l'année courante et sa mention à la date du trente août mil neuf cent quarante quatre
tant sur le registre déposé en Mairie que celui déposé au Greffe

Ainsi jugé et prononcé à l'audience du tribunal civil de première instance de Riom,
tenue le vingt cinq mai mil neuf cent quarante cinq par Mr Maurice Bezou, Président du dit Tribunal,
en présence de Mr Mabrut, juge suppléant délégué pour remplir les fonctions de Procureur de la République
près ce même tribunal à défaut de Magistrat titulaire, assistés de Mr Bregiroux, Greffier.

A la minute sont les signatures et la mention d'enregistrement.

 

retour haut de page